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Décryptage · Temps de lecture 9 min

Amsterdam Fashion Week 2026 : dates, noms et coulisses

Du 1er au 5 septembre 2026, Amsterdam défile dans un moulin du XVIIe siècle, un supermarché et une salle de concert mythique. La fashion week néerlandaise a renoncé à concurrencer Paris. À la place, elle a changé les règles : ici, défiler se mérite, et ce qui s'y invente déborde largement des podiums.

Défilé YUME YUME dans un jardin d'Amsterdam, image de l'Amsterdam Fashion Week 2026 Décryptage

L'essentiel de l'édition 2026

L'Amsterdam Fashion Week n'a ni palais ni tentes officielles. Depuis son rachat en 2017 par la styliste Danie Bles, qui l'a reprise au groupe de presse Telegraaf Media Groep, la semaine se tient une fois par an, en septembre, et change de décor à chaque édition. En 2026, le calendrier annoncé le 19 juin investit le Kromhouthal au bord de l'IJ, le moulin Molen van West, l'hôtel De L'Europe, la salle de concert Paradiso, l'Amsterdam Museum pour les conférences, une boutique du Herengracht et même un supermarché Albert Heijn du Stadionplein. Défiler entre les rayons d'une supérette : voilà le ton.

Côté noms, les premières annonces mélangent débuts et retours. Vlisco, la maison de wax néerlandaise, Extreme Cashmere, Dolly Sports et FORTANIER d'Eva Korsten arrivent pour la première fois. Tess van Zalinge, qui fête ses dix ans de maison, Camiel Fortgens, Wandler, Atelier Reservé et Ruben Jurriën reviennent. Le programme complet sera dévoilé le 6 août 2026, et une partie des événements est ouverte au public : le calendrier officiel a même un filtre « Open to public », qui couvre les activations Vogue Downtown, certains défilés et les pop-ups du HUB, le magasin éphémère de la semaine.

1-5

Septembre 2026

Cinq jours de défilés éclatés dans toute la ville.

6août

Programme complet

L'annonce du calendrier intégral de l'édition.

20ans

Concours Lichting

Le défilé des diplômés fête son anniversaire.

19

Standards minimum

Les critères durabilité du cadre de Copenhague.

Pour situer l'ambiance, l'édition 2025 avait vu la Belge Meryll Rogge, Grand Prix de l'ANDAM la même année, lancer sa marque de maille B.B. Wallace dans une ferme, petit-déjeuner et fabrication de fromage comprises, pendant que Camiel Fortgens faisait défiler ses mannequins dans un parc public, au milieu des cyclistes et des chiens, et que Ronald van der Kemp montrait sa couture upcyclée sur l'eau. La clôture : une finale entièrement en denim signée ELLE et Levi's.

Défiler se mérite : la durabilité comme condition d'entrée

C'est la vraie différence avec Paris ou Milan, et elle est réglementaire. Amsterdam bannit la fourrure de ses podiums depuis l'édition de mars 2019, à la suite de discussions avec PETA. Précision utile, parce que la légende urbaine circule : elle n'a pas été la première au monde, Helsinki, Melbourne, Oslo et Perth l'avaient précédée, et Londres défilait déjà sans fourrure à l'automne 2018. En revanche, Amsterdam est allée plus loin qu'elles en avril 2025 : les peaux d'animaux sauvages (serpent, crocodile, alligator, lézard, autruche) et les plumes ont rejoint la liste des matières interdites. Le terme du secteur : une fashion week « wildlife-free ».

La deuxième marche est plus structurante. Le 3 avril 2025, l'AFW a annoncé adopter le cadre de durabilité de la Copenhagen Fashion Week : 19 standards minimum répartis en six domaines (stratégie, design, choix des matières, conditions de travail, engagement des consommatrices, production du défilé), avec une vérification confiée à un comité externe piloté par le cabinet Rambøll. Une trentaine de marques du calendrier officiel ont servi de phase pilote en 2025. L'édition 2026 marque la deuxième phase, avec le cadre intégré au processus de sélection, avant une application complète prévue en septembre 2027, un an plus tard que l'objectif annoncé au départ. Autrement dit : à Amsterdam, la question n'est plus « qui veut défiler », mais « qui peut le prouver ».

Mannequins en backstage, visuel de l'annonce du partenariat durabilité entre Amsterdam et Copenhague
Fig. 02 Le visuel de l'annonce du partenariat avec Copenhague, avril 2025 · Amsterdam Fashion Week
« La durabilité n'est pas une option : c'est l'avenir de la mode, et nous le construisons aujourd'hui. »
Danie Bles, propriétaire et CEO de l'Amsterdam Fashion Week, avril 2025 (traduit de l'anglais)

Pour mesurer l'avance, un point de comparaison suffit : New York ne retire la fourrure de son calendrier officiel qu'à partir de septembre 2026, au moment même où Amsterdam en est à auditer les conditions de travail de ses marques. Honnêteté de décryptage, tout de même : le modèle danois dont Amsterdam s'inspire n'est pas au-dessus de la critique. À l'été 2025, l'autorité danoise de la consommation s'est penchée sur la communication de la Copenhagen Fashion Week, accusée par des expertes de présenter comme durables des marques qui ne le prouvaient pas, pendant que plusieurs de ses têtes d'affiche partaient défiler à Paris. Le cadre qu'Amsterdam adopte est donc imparfait, mais il a un mérite rare dans la mode : il se vérifie, standard par standard, par un tiers.

Lichting, la machine à talents que Paris consacre

Le cœur battant de la semaine ne porte pas le nom d'une marque mais d'un concours. Lichting (« promotion », en néerlandais) réunit chaque septembre les meilleurs diplômés des sept académies de mode du pays : AMFI et la Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam, ArtEZ à Arnhem, la KABK à La Haye, le MAFAD à Maastricht, la HKU à Utrecht et la Willem de Kooning Academy à Rotterdam. Créé en 2007 par la chasseuse de têtes Mariette Hoitink avec la fashion week, le programme fête ses vingt ans en 2026. Sa mécanique est rodée : une nomination automatique par académie plus des candidatures libres, dix finalistes, un mentorat, puis un défilé collectif devant un jury volontairement composite. Hoitink le résume ainsi : un designer, un journaliste, un acheteur, un profil commercial et un enseignant, pour que la sélection ne récompense jamais un seul point de vue. Le gagnant repart avec un défilé solo à l'édition suivante : Ruben Jurriën, vainqueur 2022, a ainsi présenté « Super Femboyant » en 2023, et Youngjin Choe, lauréat 2025 avec une collection inspirée de la lumière de sa ville natale en Corée, aura son moment en 2026.

L'anecdote qui dit tout : en 2013, un diplômé de la Rietveld nommé Duran Lantink concourait à Lichting avec sa collection « Ascensu et Descensu ». Il est reparti sans le prix. Douze ans plus tard, il est directeur artistique de Jean Paul Gaultier, premier titulaire permanent du poste depuis le retrait du fondateur, nommé en avril 2025 après un Karl Lagerfeld Prize au LVMH Prize 2024 et un International Woolmark Prize 2025. Son premier défilé couture pour la maison, le 9 juillet 2026 à Paris, a été salué par la critique. Iris van Herpen a suivi le même chemin : première collection à l'Amsterdam Fashion Week en 2007, couture parisienne dès 2011. Le duo Botter, dont Lisi Herrebrugh est une ancienne de Lichting, a pris la direction créative de G-Star Raw en avril 2025 et a présenté sa première collection... à Paris.

C'est le paradoxe assumé de cette fashion week, que l'AFW documente elle-même dans ses articles sur « ses » créateurs partis à la couture parisienne : Amsterdam forme, Paris consacre. Ce qui se joue du 1er au 5 septembre, ce n'est donc pas la consécration, c'est l'avant-première. Les noms qu'on y découvre sont ceux qu'on retrouvera dans cinq ou dix ans sur les calendriers officiels parisiens.

LichtingDepuis 2007
Concours annuel des diplômés des sept académies de mode néerlandaises, organisé pendant l'AFW. Le gagnant obtient un défilé solo à l'édition suivante.
Wildlife-freeDepuis avril 2025
Podiums sans fourrure, sans peaux d'animaux sauvages et sans plumes. La fourrure, elle, est bannie d'Amsterdam depuis mars 2019.
Minimum StandardsCadre de Copenhague
Les 19 critères de durabilité (matières, conditions de travail, production du show) vérifiés par un comité externe, adoptés par Amsterdam en 2025.
Fashion libraryBibliothèque de vêtements
On y emprunte ses pièces comme des livres, au lieu de les acheter. Amsterdam héberge la pionnière néerlandaise, LENA, depuis 2014.

Ce que la ville fait de la mode (et ce qu'on peut lui emprunter)

Cette fashion week ne sort pas de nulle part : elle défile dans une ville qui a fait de la circularité une politique municipale, textile en tête des priorités, au point d'avoir été finaliste du Earthshot Prize 2022. Et c'est dans la rue, plus que sur les podiums, que se trouve la partie la plus utile du voyage.

Dans le Jordaan, LENA the fashion library prête des vêtements depuis 2014. Fondée par trois sœurs, Angela, Diana et Elisa Jansen, et leur amie Suzanne Smulders, la boutique fonctionne comme une bibliothèque : on emprunte une pièce, on la rend, on en prend une autre, et chaque vêtement reste en circulation au moins trois ans. Après dix ans d'activité, la maison a abandonné l'abonnement pour un paiement à l'emprunt, plus proche de la façon dont on s'habille vraiment. Pendant ce temps, The Next Closet, le site amstellodamois de revente de seconde main lancé en 2013, a déposé le bilan en avril 2024 : revendre des pièces à marges fines est un métier dur, faire durer des pièces qui tournent s'est révélé plus solide. La nuance entre les deux modèles, nous l'avions déjà décortiquée dans notre comparatif Vinted ou location.

À l'est, le United Repair Centre, lancé en 2022 avec Patagonia, répare environ 50 000 vêtements par an pour 25 marques, dont Levi's, Decathlon et The North Face, avec des couturiers en grande partie réfugiés. Et le denim, réputation historique de la ville, a son campus : la Jean School, première école professionnelle du jean, ouverte en 2012, et Denim City, installé depuis 2015 dans un ancien dépôt de tramways d'Oud-West. Le Denim Deal signé en 2020 par marques, recycleurs et pouvoirs publics a mis sur le marché 12 millions de jeans contenant au moins 20 % de coton recyclé, quatre fois l'objectif initial, avant de viser le milliard à l'échelle mondiale d'ici 2030.

Emprunter au lieu d'acheter, réparer au lieu de remplacer, faire tourner au lieu de stocker : le réflexe amstellodamois tient en trois gestes, et aucun ne demande un billet de train pour Amsterdam. La location entre particuliers les rend accessibles depuis chez vous, robe de cérémonie comprise.

Décryptage

Trois réflexes à rapporter d'Amsterdam

  • Empruntez avant d'acheter : trois jours de location suffisent pour savoir si une pièce forte vous ressemble, exactement ce que propose une fashion library.
  • Faites tourner votre dressing : une pièce que vous portez deux fois par an peut vivre en location entre deux occasions, comme les vêtements de LENA qui circulent au moins trois ans.
  • Comptez en portées, pas en étiquettes : une pièce louée pour l'événement qui la mérite vaut mieux qu'un achat qui dormira. C'est le calcul que toute la filière circulaire d'Amsterdam a déjà fait.

Le 6 août, le programme complet dira si cette édition tient ses promesses. D'ici là, la manière amstellodamoise de s'habiller se pratique sans passeport : choisir une pièce, la porter pour le moment qui compte, la rendre, recommencer. Il se pourrait bien que ce soit ça, la vraie tendance de septembre.

Le réflexe circulaire, version française

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Questions fréquentes

Quand a lieu l'Amsterdam Fashion Week 2026 ?

Du mardi 1er au samedi 5 septembre 2026, dans plusieurs lieux de la ville : le Kromhouthal, le moulin Molen van West, l'hôtel De L'Europe, le Paradiso ou encore l'Amsterdam Museum. Le programme complet sera annoncé le 6 août 2026 sur le site officiel.

Peut-on assister à l'Amsterdam Fashion Week sans invitation ?

En partie, oui. Contrairement à Paris, une part de la programmation est ouverte au public : le calendrier officiel propose un filtre « Open to public » qui recense les défilés accessibles, les activations Vogue Downtown, les expositions et le HUB, le magasin éphémère de la semaine. La billetterie de l'édition 2026 n'était pas encore publiée à l'heure où nous écrivons : elle arrive avec le programme du 6 août.

Quels créateurs défilent à Amsterdam en 2026 ?

Les premiers noms annoncés mêlent débuts (Vlisco, Extreme Cashmere, Dolly Sports, FORTANIER) et retours (Tess van Zalinge, Camiel Fortgens, Wandler, Atelier Reservé, Ruben Jurriën), plus le défilé des diplômés Lichting, qui fête ses vingt ans. Les stars néerlandaises consacrées, Iris van Herpen, Duran Lantink chez Jean Paul Gaultier ou le duo Botter chez G-Star, défilent elles à Paris : Amsterdam est la scène où on les découvre avant tout le monde.

Que doivent prouver les marques pour défiler à Amsterdam ?

Depuis 2025, l'AFW applique le cadre de durabilité de la Copenhagen Fashion Week : 19 standards minimum couvrant les matières, les conditions de travail et la production du défilé, vérifiés par un comité externe. L'édition 2026 intègre ces critères à la sélection des marques, avant une application complète prévue en septembre 2027. Les podiums sont par ailleurs sans fourrure depuis 2019, et sans peaux d'animaux sauvages ni plumes depuis avril 2025.

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Écrit par

équipe RentWear Connection

La rédaction RentWear Connection accompagne les utilisatrices et propriétaires dans leurs choix de location, de mise en ligne et de style.

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